“Entreprendre dans le web : une formidable capacité à développer des projets à moindre coût”
Christophe Labédan, 42 ans, Créateur et Directeur de The Social Media Group (http://www.thesocialmediagroup.com), une société éditrice de contenu interactif (format weblog) classé par thème ou par industrie.
Taste RH : Quel est votre parcours jusqu’à aujourd’hui?
Christophe Labédan : Titulaire d’un bac+4 en informatique suivi d’un MSC Marketing dans la Business School de Stafford, j’ai passé une dizaine d’années dans la presse spécialisée anglo saxonne, notamment chez VNU pour qui j’ai dirigé le département publicité internationale (une centaine de magazines). Je suis ensuite passé dans le 100% internet début 2000 en prenant la direction générale de Silicon Media Group France, une filiale de Silicon Media Group, un groupe britannique d’actualité informatiques internet. Le groupe a été revendu à Cnet Network 3 ans plus tard au moment de l'explosion de la bulle. Après un court passage dans la presse papier chez Reed Business Information, j’ai créé Social Media Group (SMG) en décembre 2004.
Taste RH : Vous êtes-vous toujours senti l’âme d’un entrepreneur?
Christophe Labédan : Pas du tout. Mon cursus “grand groupe” m’a tenu éloigné de la sphère de l’entrepreneriat pendant une dizaine d’années, occupé que j’étais à gravir les échelons hiérarchiques classiques. J’ai connu ma première expérience d’entrepreneriat avec Silicon lorsque j’ai fondé la filiale française même si cette dernière ne m’appartenait pas en propre. Le projet de créer une entreprise est devenu un jour une évidence, mon retour à la presse papier en étant l’élément déclencheur. Le fait d’effectuer un retour dans une logique de grand groupe avec toutes les lenteurs et lourdeurs afférentes à ce type de structure m’a clairement fait réaliser que je n’avais plus la moindre motivation pour ce type de carrière. Dès cet instant le projet SMG a pris forme en moins de 2 mois et je me suis lancé avec 3 autres associés issus de la presse et du monde de l’entrepreneriat.
Taste RH :En quoi le web a-t-il (ou non) modifié la façon de créer, gérer et développer une entreprise?
Christophe Labédan : Le virtuel est fascinant à différents niveaux. S’agissant des médias, et ce, d’un point de vue de l’entrepreneur, le plus évident est la capacité que fournit ce nouveau média à développer des projets à moindre coût. Un projet de magazine requiert un investissement financier conséquent alors que le web permet de tester différents modèles à des coûts dérisoires. Les contributeurs peuvent être connectés aux quatre coins de la planète (travail en mode ASP), les équipes délocalisées travaillant à domicile avec des outils internet tels que l’email, skype, la vidéoconférence,….
Cela permet un confort de travail et une réactivité inégalée pour gérer l’actualité : possibilité de publier en quasi live et feed-back des lecteurs instantanés, notamment dans le domaine des blogs et des médias participatifs.
Taste RH : Quelles sont les principales qualités et compétences indispensables à un entrepreneur du web?
Christophe Labédan : Certainement les mêmes que celles de tout entrepreneur avec, en sus, sans doute une capacité à s’adapter rapidement à l’évolution du marché. Internet est un outil en développement permanent. Il est assez difficile de prévoir l’avenir à deux ans et parfois même à 6 mois.
Taste RH : Quels conseils donneriez-vous à un jeune (ou à un moins jeune) désireux de créer une structure web?
Christophe Labédan : Question ô combien difficile tellement les projets diffèrent. Une chose est certaine, il faut évacuer le fantasme de la bulle des années 2000 et s’imaginer devenir millionnaire à partir d’un vague projet évoqué sur une présentation Power Point. Internet est un véritable media avec ses contraintes spécifiques. A moins de présenter un business modèle viable avec un projet déjà existant et générant du chiffre d’affaires, les investisseurs potentiels risquent de faire la sourde oreille.
Taste RH : Au vu de votre expérience, quelles sont, mettons, les quatre principales erreurs à éviter pour mener à bien son projet?
Christophe Labédan :
1-Une vision peu claire de la valeur ajoutée du projet pour ses utilisateurs potentiels.
2-De faibles barrières à l’entrée pour une concurrence qui pourrait faire mieux et plus vite avec davantage de moyens.
3-Un projet à forte valeur ajoutée mais ne générant pas de chiffre d’affaires ou de base d’utilisateur commercialisable
4-Une sous estimation de ses besoins en fond de roulement….
Propos recueillis par Taste RH

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