PRIVILÉGIER LA COMPÉTENCE INTERCULTURELLE ?
L’histoire des relations d’affaires ou de projets transnationaux regorge d’anecdotes illustrant des échecs de tous ordres nés de malentendus interculturels. Un DRH chargé de gérer des collaborateurs de toutes nationalités doit donc impérativement traiter avec soin cette dimension.
“Dès sa prise de fonction, il est impérieux de comprendre comment ses nouveaux collaborateurs fonctionnent au jour le jour et de façon concrète”, note David Boublil, Directeur Recrutement Europe pour Google.
“Les compétences interculturelles sont essentielles, confirme Alain Piveteau, Consultant en RH et fondateur de JA Conseil, ancien DRH de Sony Europe. Le maître mot ? L’ouverture d’esprit. Il importe de ne pas juger l’autre. Cet état d’esprit est bien plus important que de maîtriser parfaitement, dès le début, une langue étrangère rare qu’il sera temps d’approfondir par la suite. Lorsque j’étais DRH de Sony Europe, j’ai passé les 6 premiers mois de ma fonction à voyager 3 jours par semaine dans les différents pays à m’imprégner de la culture ambiante et à discuter avec les Directeurs Généraux et les DRH Locaux. Ce qui, au passage, m’a permis de me constituer un réseau RH, outil indispensable pour réussir dans la fonction de DRH international. Une fois que l’on connaît les gens concrètement, un coup de fil suffit parfois pour débloquer une situation”.
Incontestablement une formation interculturelle, dispensé par de multiples organismes spécialisés, contribue à aider le futur DRH international à s’affranchir des clichés et des stéréotypes traditionnels.
“Ce type de formation permet de gagner du temps et d’éviter des gaffes monumentales en termes relationnels. C’est d’autant plus vrai pour un DRH dont la “matière première” est l’humain”, explique Jean-Louis Mutte qui a suivi avec succès ce type de formation avant un séjour en Chine.
Pour se sentir parfaitement à l’aise avec une culture différente, l’une des compétences requises ne serait-elle pas de vivre une ou plusieurs expériences de mobilité internationale.
A l’image de Pierre-Olivier Landry. “J’ai été expatrié plusieurs fois. A mon retour en France, au moment d’exercer ma fonction sur plusieurs pays, j’avais un état d’esprit plus international, moins autocentré. Dans mon esprit, la France, en tant que périmètre RH, était devenu un pays comme un autre”.
Les conseils d'Olivier Boileau - Associé au sein de Taste :
Cette dernière phrase illustre parfaitement l'évolution des mentalités à partir du moment où l'on intervient sur un périmètre non plus domestique, mais international. La spécificité du pays "d'origine" s'efface au profit d'une vision plus large et plus globale de la fonction.
Si la maîtrise de l'anglais suffit dans la plupart des cas à instituer un premier contact, il est important d'appréhender le plus rapidement possible la culture et les modes de fonctionnement des autres pays. Dans le cas contraire une simple réunion peut rapidement se transformer en calvaire tant les modus operandi peuvent être différents d'un pays à un autre.
Ainsi, les qualités d'écoute et d'empathie deviennent impératives.
Mais il me semble que ces qualités étaient déjà intrinsèquement liées à la fonction...
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